François Boucher là où on ne l'attendait pas

Guy Barbier


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Sans que cela soit véritablement une surprise, compte tenu de la nature des fonds comtois, l'exposition Les dessins du Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon (novembre 2003-mars 2004) a fait la part belle aux feuillets du XVIIème siècle français parmi lesquels on ne pouvait manquer d'admirer quatre œuvres de François Boucher (1703-1770) dont on célèbre, en France et à l'étranger, le tricentenaire de la naissance.

Les oies du Frère Philippe, François Boucher, gouache sur soie

Au premier rang de celles-ci, une rare gouache sur soie, Les Oies du Frère Philippe, judicieusement acquise par la municipalité, en 1848, mettait en scène, sur un mode savoureux, la rencontre de deux mondes que tout semble opposer.
D'un côté, le monde urbain évoqué par trois jeunes élégantes, de l'autre, le monde rural incarné par les silhouettes dépenaillées d'un vieillard accompagné de son fils. Or, le type physique de ces derniers personnages, tout comme le style qui s'y attache, ne nous semblait pas sans rapport avec une peinture sur verre datable de la même époque, léguée par Léon Robert au Musée des Beaux-arts et d'Archéologie, courant janvier 2001.
Pour en savoir plus sur le legs de Léon Robert, Ami des Musées et des Bibliothèques...

le rémouleur, peinture sur verre

Cette œuvre qui n'a, à l'heure actuelle, fait l'objet d'aucune étude particulière, décrit le quotidien d'un rémouleur ambulant. Saisi dans le geste qui résume à lui seul tout son métier, le gagne-petit, comme on l'appelait alors, parce que ses gains étaient le plus souvent modestes, actionne le mécanisme d'une meule à pédale afin d'affûter l'ouvrage de coutellerie qu'il tient entre ses doigts. On notera non seulement l'exactitude de la pose mais aussi le souci du détail dans la mise en place de certains accessoires comme le sabot posé à l'aplomb de la meule dans lequel se trouve le tampon de fil imbibé d'eau indispensable à la bonne marche de l'opération.

Au terme d'une brève recherche notre impression première devait se confirmer, ce motif spécifique étant bel et bien une citation conçue d'après un modèle de François Boucher.
La source formelle est fournie par la célèbre suite Les Cris de Paris composée de douze pièces gravées par Simon François Ravenet (1706-1774) et Jacques-Philippe Le Bas (1707-1783). Publiées en 1737, par Gabriel Huquier (1695-1772), l'un des plus éminents marchands d'estampes du temps, elles montrent à quel point François Boucher a su se hisser au niveau des meilleurs observateurs des gens du commun qu'il a dépeints avec vérité, affection et, sans doute, compassion

les Cris de ParisGagne Petit, gravure du rémouleur de François Ravenet

Néanmoins, il ne faut pas s'y tromper. Loin d'être une simple copie notre peinture sur verre propose une certaine relecture du prototype. Si la figure du rémouleur demeure inchangée dans ses grandes lignes, elle s'intègre désormais dans un plus large espace. Cette capacité de l'artiste à insuffler une nouvelle dimension à l'image va de pair avec la création des motifs de la porte et de la palissade qui constituent autant d'accents personnels participant à l'originalité de l'œuvre.

Ce faisant, le Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie s'enrichit, fort opportunément, d'un élément significatif venant témoigner de l'extraordinaire popularité du travail de François Boucher

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Guy Barbier

Nous tenons à remercier vivement pour leur soutien Charles Choffet, Doria Muraccioli, Frédérique Thomas-Maurin.